navigation

Libre échange et démondialisation 14 août, 2011

Posté par presidentielles2012 dans : Les candidats,les programmes,Parti Socialiste , trackback

Droit d’inventaire

La météorite de la mondialisation s’est écrasée dans la vie quotidienne des Français. Offrant de formidables opportunités à certains, elle s’est bien souvent résumée pour tous les autres à une mise en concurrence sans limite et sans scrupule des salariés, des entrepreneurs, des agriculteurs et de tous ceux qui ont été placés en compétition avec des travailleurs chinois, des ingénieurs indiens, et des paysans argentins, alors que ces derniers n’ont d’autre choix que d’accepter des rémunérations trop basses pour vivre. Le bilan de la dernière décennie de mondialisation est un désastre pour ceux qui n’ont d’autre ressource que leur travail : délocalisations en série, destructions d’emplois (2 millions en 30 ans dans l’industrie) et d’outils de travail, pression sur les salaires. Tout s’est déroulé comme s’il s’agissait d’une vaste mise aux enchères à la baisse du travail et de son prix.

La mondialisation a surtout pris en otage la souveraineté des peuples. Qui bradera le plus vite son système social patiemment construit pour protéger les hommes contre les risques sociaux que sont la maladie, le chômage ou la retraite, qui démantèlera le plus efficacement ses services publics éducatifs, hospitaliers, universitaires, en en transférant la charge sur l’usager et sa contribution individuelle, pour diminuer les prélèvements sur les entreprises, le capital et ses revenus ?

Le libre-échange généralisé n’est plus un progrès

S’il fut un progrès au début, le libre-échange généralisé affiche aujourd’hui un bilan négatif, ne bénéficiant plus qu’aux capitaux devenus maîtres du jeu. La gauche est prise dans d’aimables contradictions : elle prône avec générosité la juste nécessité du développement, mais refuse de se donner les moyens de protéger les travailleurs du nord et du sud par de nouvelles règles de l’échange mondial. Sans doute a-t-elle trop accepté les règles de ce monde.

Le libre-échange total est d’ailleurs un mythe auquel les seuls Européens continuent à croire, car nos concurrents se protègent. Aux Etats-Unis, le « Small Business Act » favorise les petites entreprises à plus-value technologique, en autorisant le gouvernement américain à intervenir au rachat d’entreprises disposant de savoir-faire utiles à la nation. Finalement, les puissances commerciales concurrentes de l’Europe n’ont jamais vraiment renoncé à leur unilatéralisme.

Une nouvelle stratégie : la démondialisation

L’enjeu n’est pas de replier derrière nos frontières comme derrière une ligne Maginot. Il est dans la mise en place d’un nouveau système d’échange fondé sur des règles universelles de protection de l’environnement et de respect de standards sociaux et sanitaires. Autour de ce programme, le nord (qui doit protéger son industrie et ses travailleurs victimes d’abus antisociaux) et le sud (qui doit distribuer de meilleurs salaires à ses travailleurs pour leur permettre d’acheter la production destinée aujourd’hui exclusivement à l’exportation) peuvent se réconcilier. La guerre économique mondiale n’est pas un horizon indépassable. Le modèle de la démondialisation a pour objectif de soigner la maladie de la concurrence effrénée. La course au moins disant salarial et environnemental est un suicide collectif.

Démondialiser consiste à fonder une nouvelle pratique de la frontière et de la protection. La frontière non seulement pour protéger, mais aussi pour muter. Demain, aux frontières de l’Europe, il faudra faire en sorte que les produits importés payent le juste coût écologique et social défini par des accords bilatéraux. C’est une forme de conditionnalité à l’entrée des produits. Toutefois, il ne s’agit pas de pénaliser les pays du sud pour protéger le nord. Nos industries ne peuvent s’abstraire de l’effort de mutation. Elles aussi, via une taxe carbone, devront supporter le poids de la mutation. La démondialisation repose ainsi sur la réciprocité et l’adaptation commune à de nouvelles normes. Les sommes ainsi récoltées aux différentes frontières pourraient alors être utilisées dans des fonds de conversion écologique des industries, prévus par le protocole de Kyoto.

Les révolutions égyptiennes ou tunisiennes nous montrent que la mondialisation des droits et de la démocratie doit se poursuivre. En revanche, pour les échanges, c’est la démondialisation qui prévaut. Et avec elle le retour à une production locale, notamment agricole. A l’échelle humaine.

 

PARTTICIPEZ AU DEBAT SUR LE SITE www.arnaudmontebourg2012.fr

Commentaires»

pas encore de commentaires

Laisser un commentaire

Quand la vérité blesse |
Le Socialiste Socialisant |
POUR LE GRAND MAGHREB...! |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | COPACI-Présidentielles 2015
| Cap21-Trièves
| Des idées et des rêves 06